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Ivan Binet, photographe originaire de la ville de Québec, développe une pratique photographique depuis plus d’une vingtaine d’années, explorant principalement la notion de paysage. Il met en scène des lieux qui lui sont familiers, avec lesquels s’établit un dialogue où la photographie prend le rôle de médiateur. Il travaille des points de vue qui entraînent une perte de référence spatiale déstabilisante, où la ligne entre représentation et abstraction fléchit pour amener le spectateur vers un état de vertige. On retrouve ses œuvres dans plusieurs collections publiques, dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec, du Musée des beaux-arts de Montréal, du Musée canadien de la photographie contemporaine d’Ottawa et la Collection Loto-Québec, entre autres. Il a réalisé plus d’une vingtaine d’œuvres présentes dans l’espace public dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architecture. En 2005, il remporte le prix Videre des Prix d’excellence des arts et de la culture de Québec. Ivan Binet vit et travaille à L’Ange-Gardien.

Echos

Écho du ciel

 

L’œuvre du troisième étage présente la vision rapprochée de l’eau contenue par un autre Vase-montagne. Cette fois, l’attention est portée sur le contenu du vase qui s’avère le ciel se reflétant dans une autre baie. La baie prend ainsi une connotation plus intimiste, évoquant un espace de rétention et de passage de l’eau. Marquée par les marées qui ne cessent jamais complètement, la baie devient ultimement un symbole de force, de renouvèlement, voire de régénérescence. Mais l’expérience visuelle de l’œuvre ne se limite pas à la baie. Au-delà de celle-ci, il y a le ciel, qui permet d’ouvrir le regard hors de cet espace pour évoquer l’idée d’un plus vaste territoire. On peut aussi reconnaître le début du Vase-montagne dans la partie inférieure de l’image. À l’instar des œuvres du rez-de-chaussée et du deuxième étage, le paysage se présente comme un espace onirique s’adressant directement à l’imaginaire du regardeur. 

Vases-montagnes 

 

L’œuvre du deuxième étage reprend les thèmes de la baie et du rivage pour les faire bifurquer dans une dimension surréelle. Aux abords de cours d’eau, des espaces montagneux et leurs reflets ont subi une rotation qui les a transformés en vases. Alors que le vase de droite contient à son tour un autre cours d’eau, de nouvelles baies, le vase de gauche évoque autrement l’horizon, ouvrant l’imaginaire au-delà des frontières du connu. Par-delà les nouvelles configurations établies entre l’eau, le ciel, la forêt et les montagnes, le regard prendra ainsi plaisir à se promener au sein de cet autre univers où la nature continue de progresser sereinement.  

Passages

Au rez-de-chaussée, la première œuvre présente trois paysages constitués à partir de diverses baies. Des baies du Saint-Laurent, provenant de différents coins du Québec. Ces baies se succèdent les unes aux autres. Leurs successions se présentent dans une approche poétique dont la juxtaposition ne vise pas à faire croire au regard, mais plutôt à favoriser une ouverture vers un lointain familier ; un ailleurs sublimé. Par leur transparence, les jonctions qui s’établissent entre les différentes baies peuvent aussi évoquer une certaine forme d’abstraction. Ces jonctions laissent entrevoir diverses saisons et différentes heures de la journée. Si la succession des baies exprime un certain dynamisme, l’ensemble – empreint d’une vitalité sereine – demeure paisible. Au gré du temps, la vie suit son cours.

(texte de Florence Le Blanc)

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